L’ADOLESCENCE EN QUARTIER POPULAIRE

-LE COLLÈGE

Je me souviens de ma première année de collège, j’avais totalement changé mais en négatif, les retards ne s’arrêtaient plus, les convocations devenaient régulières et les sanctions tombaient sans modération. Je crois que mon comportement exécrable était bien sûr lié à ma crise d’adolescence et mon besoin de me rebeller contre quelque chose enfouie en moi. Le collège m’offrait la liberté dont j’avais tant rêvé, je me suis donc servie de cette liberté pour me faire entendre en devenant « marginal« .

Collège Saint-Exupery à Rosny-Sous-Bois (93)

Sur mon site Blessure2lame.fr j’ai écrit la phrase suivante dans un article: À chaque fois qu’une personne adopte un comportement qui fait du mal aux autres, comprenez que cette personne souffre. Cette compréhension vous permettra de manifester de la compassion et de l’empathie envers celui qui fait du mal aux autres personnes en raison de son propre mal-être. J’aime cette phrase car elle définit toute personne puis surtout elle amène vers une introspection lorsqu’on la saisit. J’étais devenu rebelle au collège bien évidemment parce que je souffrais intérieurement, j’avais tellement encaissé sans pouvoir m’exprimer durant toutes mes années de primaire, l’occasion présentée je l’ai inévitablement saisi pour me faire entendre par la rébellion.  

IMPORTANT: En quartier populaire, quasiment toutes les familles ont un statut social très bas. Financièrement ce n’est donc pas le grand luxe et intellectuellement ce n’est pas non plus la caverne du savoir. (Je ne dis pas que nos parents sont bêtes, loin de là. Simplement ils sont ignorants de beaucoup de choses qui s’apprennent au travers des livres, des articles … Mon père pense qu’il faut travailler pour un patron toute sa vie par exemple). Dieu merci nous avons repris la relève et les choses bougent. Nous nous cultivons et nous courrons vers nos rêves avec la conviction que tout est possible, ce que la plus part de nos parents ignorent.

Nos parents, pour la plupart immigrés, ayant un statut social très bas, ont eu un conditionnement bien différent qui leur a été transmis depuis leur tendre enfance par leurs parents, leurs pays, leurs religions, … Mes parents viennent du Congo-Brazzaville, et il faut dire que chez nous l’amour démonstratif n’est pas une culture (il y a des exceptions), le dialogue n’est pas non plus une option. En général c’est plutôt je te dis et puis c’est tout! L’absence de dialogue, d’amour démonstratif et d’argent dans nos familles sont la source de nos mal-être. Et que fait une personne qui souffre profondément? Elle fait souffrir les autres!  C’est exactement ce qui c’est passé au collège, j’étais devenu rebelle mais aucun dialogue n’avait lieu à la maison pour essayer de comprendre pourquoi je me comportais ainsi.

ATTENTION: Toutes les familles d’immigrés n’ont pas forcément un statut social bas. Certaines familles congolaises, magrébines, espagnoles, italiennes, gitanes, … Ont toujours eu un statut social élevé dans leurs pays d’origines et dans leurs pays d’immigration. Au même titre ce ne sont pas toutes les parents issues de la basse classe qui ne dialoguent pas avec leurs enfants et qui ne leurs manifestent pas de l’amour dans les mots et les actes.

Mansa Moussa fut l’homme le plus riche de toute l’histoire avec une fortune estimé à 400 milliards de dollars et il était malien.

DE PIRE EN PIRE

Mon année de sixième fut un fiasco, parce que trop dissipé, mais ils décidèrent tout de même de me faire passer en cinquième. Là ce fut un désastre, j’avais des paroles pleines de vie à chaque rentrée scolaire mais quelques semaines après j’avais franchis un autre cap. Je sautais la grille de derrière pour aller commettre mes premiers larcins. La suite au prochain article

Réal Nardez, fondateur des sites Mavieenquartier.fr et Blessure2lame.fr