MAL ÊTRE PROFOND

– DOULEUR INTERIEURE

Mes délits prenaient de plus en plus d’ampleur, je les commettais en espérant toucher un jour un gros pactole qui me permettrait de ne plus jamais souffrir intérieurement. Mon cœur était gravement blessé, j’avais un mal être tellement profond que je ne trouve aucun mot pour décrire cette sensation. C’était un peu comme si ma météo intérieure était orageuse tous les jours. Beaucoup de jeunes issues de quartiers populaires souffrent terriblement, le monde doit prendre conscience qu’une personne qui souffre devient tôt ou tard une personne dangereuse. Comment cela se fait-il? Toute personne qui souffre profondément ressent un fort  besoin d’attention, ne l’ayant pas, elles sont prêtes à tout pour obtenir cette attention. C’est là qu’il se passe des événements graves: émeute, vol, prise de drogue, prostitution, accès de colère, méchanceté, aucun événement grave n’est exclu, le meurtre y compris.

Dans ces moments-là nous ne sommes pas nous-mêmes, vous pensez vraiment que la mission sur terre d’une personne est de se droguer, de s’enivrer tous les jours ? Loin de là, Dieu nous fait venir sur terre pour contribuer à l’amélioration du monde et non pas pour l’abîmer encore plus qu’il ne l’est déjà. Toi qui me lis et qui a l’impression que tu n’est destiné qu’à faire du mal aux gens pour pouvoir vivre, laisse moi te dire que tu te trompes! Dieu t’a forcément attribué une mission de vie bien précise pour aider ton prochain, c’est là que se trouve ton bonheur

Ma classe de 4ème fut très mouvementée, j’avais de plus en plus de problème, j’affirmais complètement mon côté rebelle, et honnêtement, le fait qu’on puisse convoquer mes parents ne me faisait plus rien. Au contraire, cela me rassurait quelque part car au fond j’avais réellement besoin d’aide. J’avais besoin qu’on se rende compte de ce que je vivais au domicile familial, j’avais besoin qu’on me sorte de là, et j’étais prêt à continuer jusqu’à ce qu’on me vienne en aide. 

– PARIS

Nous étions tous indépendants financièrement, malheureusement c’était par le biais de l’illégalité. La plupart étaient donc en capacité de faire évoluer leur style vestimentaire. C’est ce que j’ai très vite fait. Les filles se faisaient de plus en plus coquètes, cela ne nous laissait pas indifférent, nous commencions donc à vraiment nous y intéresser. Je ne me voyais pas aborder une fille du même collège que moi, sans doute parce que j’avais un manque de confiance en moi. Un de mes amis, Mael, commençait à traîner sur Paris. On voyait bien qu’il avait changé, qu’il fréquentait un autre type de fille, qu’il avait des amis dans les quatre coins de l’Île-De-France, je dois avouer qu’à ce moment-là il m’inspirait. J’ai donc suivi son mouvement, et là j’ai découvert un tout nouveau monde.

J’étais souvent chez mon ami Mael, car son frère était aussi mon ami. Un jour il nous a dit “les gars si vous voulez commencer à monter sur Paris venez sur Châtelet”. Nous avons attendu le week-end avec impatience, je m’en souviens comme si c’était hier. Je me rappel m’être fait un peu d’argent dans le but de m’acheter une tenue hyper stylé et un nouveau téléphone pour prendre le plus de numéros possible. J’étais un très bon dragueur d’ailleurs. Son frère, Guy, a fait la même chose. Le week-end arrivait enfin, nous nous sommes habillés, et nous avons passé notre première journée à Châtelet. Ce fut exceptionnel, nous n’avions jamais vu d’aussi belles filles cherchant elles aussi des beaux garçons en pleine crise d’ adolescence. C’était plein à craquer.

(2013) Guy et moi quelques années après nos premières virées sur Paris. C’est fou comme le temps passe quand je regarde nos photos d’avant.

Mes premières virées parisiennes ont été riches en évènements, cela m’évadait tellement. J’attendais le week-end avec impatience, pour pouvoir mettre mes belles tenues colorées que je réservais uniquement pour le Samedi. L’époque était particulière, il y avait ceux qui restaient toujours dans leurs quartiers et ceux qui commençaient à trainer sur Paris, Chatelet, Gare Du Nord, La Défense, … Au début je ne savais pas dans quoi je m’embarquais. Je voyais bien que ces personnes avaient un look très atypique, qu’elles trainaient en bande, qu’il y avait un taux de filles très important, ceux qui ont vécu cette époque savent de quoi je parle. Petit à petit j’ai commencé à comprendre que nous étions en train de vivre un mouvement, un mouvement violent, très mal vu aux yeux de beaucoup de personnes, avec de la débauche excessive, mais qui tout de même était devenu addictif. Ce mouvement fut un pansement que je mettais sur mes blessures intérieures dans le but de fuir mes problèmes. La suite au prochain article …

Cette photo date d’il y a 10 ans. C’est fou comme le temps passe vite. Mon Dieu!

Réal Nardez, Fondateur des sites Mavieenquartier.fr et Blessure2lame.fr