PARLONS DE L’ENFANCE DANS UN QUARTIER POPULAIRE

-LES BONS MOMENTS

Grandir dans un quartier populaire est quelque chose de très particulier, de très significatif, et de très marquant. C’est fou mais très tôt j’ai comme l’impression qu’on recherchait tous une appartenance, appartenir à un quartier était presque jouissif à un moment de notre enfance. Probablement parce que très tôt, inconsciemment, nous nous sommes sentis différents des autres enfants. Cela à eu du bon car très tôt régnait un esprit de famille au sein de nos quartiers. Je parle plus précisément du mien mais je crois que c’était pareil dans tous les autres quartiers abritant une classe populaire

C’est assez plaisant d’être dans la même classe que son voisin du dessus. Il m’est même arrivé d’être dans la même classe que mon voisin de palier. L’ambiance en quartier populaire est très familiale, on en perd même la notion du mot intrusif. J’entends les disputes de mes voisins et eux entendent celles de chez nous. On abordera jamais le sujet mais on sait ce qui ce passe chez l’un et chez l’autre. Et c’est ce qui renforce cet esprit de famille, c’est ce qui nous lie à notre quartier, à nos voisins, à nos grandes tours HLM, … 

Mon école primaire était implantée en plein cœur de mon quartier, je dois avouer que rien que par rapport à ça je me sentais beaucoup plus en sécurité que ceux qui n’y habitaient pas. Lors de la récréation on voyait les grands de notre quartier, on s’amusait parfois à crier leurs noms par la grille. C’était plutôt drôle, on se sentait presque intouchable

Les kermesses m’ont également beaucoup marqué, je me rappelle que nous étions très branché breakdance à un moment donné. Je pense que c’était en classe de CM1/CM2, notre maître de classe s’appelait Monsieur Eliot, c’était un très bon maître, je me souviens il voyait beaucoup de potentiel en moi, il est décédé il y a de là quelques années. Que son âme repose en paix. Le film qui nous a donné envie de faire de la danse est le film Street Dancers. Vous connaissez? Si vous ne connaissez pas je dois vous avouer que vous avez raté quelque chose (rire). 

On faisait exactement comme dans le film, des battles de danse! C’était vraiment une belle époque! Et c’est en écrivant que je me rends compte que notre génération a également connu le mouvement Hip Hop par le biais de la danse. J’aimais beaucoup la danse, en soulignant bien qu’il y avait surtout l’influence de Michael Jackson. C’était un véritable artiste. Un jour à la kermesse nous avons fait une chorégraphie, les grands de notre quartier étaient venus nous voir danser, j’étais donc dans l’obligation de marquer le coup et je peux vous dire que mon passage en individuel fut très apprécié du public. 

Ensuite sont arrivés les premières amourettes, enfin disons plutôt que j’étais sous le charme de plusieurs filles. J’aimais bien une fille qui s’appelait Sandra mais je n’ai jamais eu le courage de le lui dire (rire). La vie en quartier populaire est remplie de bons moments mais malheureusement il y aussi des côtés bien plus sombres. 

-LES MOMENTS DIFFICILES

Je ne sais pas pour vous mais personnellement j’ai vraiment commencé à vriller dès la classe de sixième. Arrivé au collège j’ai vraiment l’impression de m’être complètement muté en méchant garçon. Crise d’adolescence? En quête de liberté? Ou simplement un besoin de se rebeller?  En fin de compte je pense qu’il y avait plusieurs facteurs qui pourraient expliquer cela. La suite au prochain article mes chers lecteurs … 

Réal Nardez, fondateur des sites Mavieenquartier.fr et Blessure2lame.fr