QUELLE EST LA DIFFÉRENCE ENTRE UN JEUNE DE QUARTIER POPULAIRE ET UN AUTRE? PARTIE 2

-NOUS SOMMES TOUS DES JEUNES DE QUARTIER 

Comme nous avons pu le voir dans l’article précédent, un quartier est une zone géographique regroupant habitants, commerces, travailleurs et utilisateurs. Nous venons tous d’un quartier en fin de compte. Celui qui habite dans le centre-ville de Rosny-Sous-Bois vient également d’un quartier. Et cela sonne faux car nous n’avons cessé d’assimiler le mot quartier à des mots comme dangereux, immigrés, noir, arabe, étranger, police, … La réalité est que chaque quartier abrite des personnes ayant un statut social différent. La population du centre-ville de Rosny-Sous-Bois est bien différente de celle du Pré-Gentil

Gare de Rosny-Sous-Bois

La gare de Rosny-Sous-Bois est un lieu que je porte beaucoup dans mon cœur. Elle réveille en moi une certaine nostalgie. Mes premiers rencards amoureux ce sont fait ici, puis en même temps c’est tellement éloigné de notre quartier que lorsqu’on y allait c’était pour se faire nos premières virées sur Paris. Nous en parlerons bien ne vous en faites pas.

Les transports en commun sont un lieu où plusieurs catégories sociales se mélangent. Moi qui prends beaucoup les transports je le vois. Et ce n’est pas désagréable, je trouve même que ce soit une très bonne chose. Vous vous imaginez s’il y aurait des transports en commun réservés à une certaine classe sociale? La société irait encore plus mal. Un fan de Rap peut s’asseoir à coté d’un passionné de lecture, un Noir peut s’asseoir à coté d’un Chinois, un indien peu s’asseoir à coté d’un arabe. Et c’est beau.

Malheureusement cette mixité s’arrête une fois descendu du train. On descend peut-être tous au même endroit, mais les classes sociales sont divisées dans les quartiers de la ville. Et c’est cette division qui crée des différences, des incompréhensions, et parfois un sentiment d’abandon dans le cœur de ceux qui vivent dans un quartier délaissé par la mairie. Ces quartiers sont unanimement habités par des personnes issues de la classe populaire.

-QUAND LA PRÉCARITÉ FAIT DES RAVAGES

Quartier du Pré-Gentil

La précarité est ce qui crée des différences entre un jeune et un autre, entre un père et un autre, entre une mère et une autre. J’aime l’écriture depuis ma tendre enfance, j’aurai pu faire des études de journalisme mais la situation de notre famille était tellement précaire qu’il m’a fallu revoir mes priorités. Financièrement il fallait que je trouve très vite un moyen pour pouvoir me vêtir seule, manger à ma faim et vivre comme tous les autres adolescents privilégiés.  

L’aspect financier n’est pas le seul problème. La précarité amène des tensions dans les familles. Elle va même plus loin en déchirant des familles. 

C’est-à-dire?

Si je prends mon cas, mes parents sont nés au Congo-Brazzaville, je sais que ma mère a plutôt bien grandi, avec un père qui fut un très grand commerçant. Pour mon père je sais que c’était très différent. Mon père avait un oncle qui était très violent, et c’est ce qu’il a reproduit dans son foyer. Avec tout ce que j’ai lu sur la psychologie, les blessures de l’âme, … Je sais qu’une personne qui a un comportement qui fait du mal aux autres a forcément des blessures intérieures venant de l’enfance. 

Cependant pour mon père, la remise en question n’est pas quelque chose d’envisageable pour lui. Et ça malgré les comportements exécrables qu’il pourra avoir. Il y a donc des personnes blessées au niveau de l’âme, un manque de pardon, une absence totale de dialogue … Je l’ai vécu et je sais de quoi je parle. J’ai connu des moments où mon père et ma mère étaient en conflit, et pendant ce conflit les deux refusaient de faire des courses alors que le réfrigérateur était vide . J’étais adolescent , ma sœur était bien plus jeune. À votre avis, que s’est-il passé dans ma tête un moment donné? 

Une sonnerie d’urgence a résonné dans ma tête, et j’ai été obligé de me débrouiller pour me sortir de cette “merde” désolé de la vulgarité mais je revis le truc en écrivant. Et là j’ai commencé à basculer dans certaines activités pas très légales. Le résultat est que j’ai fini en prison très jeune, à 18 ans

Maison d’arrêt de Villepinte

C’est au niveau du statut social que se crée les différences, la division, … Pleins d’avenirs sont gâchés pour cette raison. L’éducation venant de parents ayant grandi avec des parents qui leur ont donné de l’amour par les mots et les gestes sera déjà très différente et probablement plus profitable pour leur enfant.

Elle sera également bien plus bénéfique si les parents ont inculqué à leurs enfants le dialogue, le pardon, l’optimisme, l’entrepreneuriat, le sport, le fait d’aiguiser ses facultés, … 

En classe populaire, très peu de parents inculquent toutes ces choses à leurs enfants. Leurs propres parents ne leur ayant pas forcément transmis toutes ces valeurs. On ne donne que ce qu’on a.  Nos parents sont géniaux mais qu’on le veuille ou non ils ont un statut social très bas. Intellectuellement parlant et financièrement parlant. De ce fait, il est très difficile qu’un jeune issu d’un plus haut statut social soit pareil qu’un jeune venant de la classe populaire. 

Laurent Jacqua (ex braqueur devenu auteur, blogueur …)

Mais comme dit Laurent Jacqua, rien n’est figé! Nous pouvons changer l’avenir de notre descendance, de la société, de nos familles, du monde, en nous cultivant et en appliquant ce que nous allons apprendre. TOUT EST POSSIBLE

Réal, Nardez, fondateur des sites Blessure2lame.fr et Mavieenquartier.fr